Célébrons une année remplie d’entraide et de compassion

Joyce Gordon
Présidente et directrice, Joyce Gordon

L’espoir et l’optimisme sont deux caractéristiques importantes qu’ont en commun bon nombre de personnes souffrant de la maladie de Parkinson. Que vous ayez récemment  reçu un diagnostic ou que vous soyez  un aidant naturel de longue date,  nous savons que la maladie de Parkinson change tout et vous pouvez toujours compter sur notre soutien.  Selon vos besoins, ce soutien peut prendre diverses formes grâce à la générosité de nos donateurs.

Cette année, qui marquait notre 50e anniversaire, notre Centre national d’information et de référence a répondu à plus de 6 000 appels ou courriels, pour accueillir et guider de nombreuses personnes touchées par la maladie de Parkinson. Nous  répondons à chaque  demande  avec chaleur, empathie et expertise, et nous offrons des solutions personnalisées  à l’expérience de chacun.  Un grand nombre des  requêtes reçues proviennent autant des professionnels de la santé,  que des proches aidants.

En 2015, nous avons donc axé nos initiatives de formation sur les prestataires de soins aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson,   soit les professionnels de la santé et les aidants naturels. La semaine dernière, nous avons diffusé notre premier séminaire en ligne spécifiquement conçu pour les aidants naturels, en collaboration avec la Société Alzheimer et la Société canadienne de la sclérose en plaques. Ce webinaire, intitulé Taking Care of Yourself Through the Ups and Downs of Caregiving, traite des défis que rencontrent les proches aidants, tels que ces derniers nous les ont eux-mêmes identifiés. Nous  planifions de prochains  webinaires destinés aux aidants naturels, incluant des sessions en français.

Nous poursuivons également nos efforts de formation auprès des professionnels de la santé.  Notre premier module d’apprentissage en ligne est toujours accessible.  Il a reçu l’agrément du Collège des médecins de famille du Canada (CMFC)  qui y attribue des crédits de formation médicale continue. Fière du succès de celui-ci, la Société Parkinson Canada présentera un deuxième module d’apprentissage en ligne  en 2016.  Notre équipe a également pris part en novembre au Forum en médecine familiale du CMFC.  Ce fut pour nous l’occasion de rencontrer des médecins de toutes les régions du pays et de mettre des ressources à leur disposition dont pourront à leur tour bénéficier leurs patients atteints de la maladie de Parkinson.

L’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes et des aidants naturels a également  suscité beaucoup d’intérêt au cours de la dernière campagne électorale fédérale. Dans chaque province, plus de 160 ambassadeurs Parkinson bénévoles, ont rencontré des candidats pour défendre les intérêts des personnes vivant avec la maladie et ceux de leurs proches .  En parallèle avec notre participation essentielle au sein de plusieurs coalitions  en santé en 2015,  ces efforts ont porté fruits auprès du gouvernement fédéral résultant en la prolongation de la durée des prestations de compassion.  Les aidants-naturels pourront dorénavant les percevoir durant six mois et l’Agence de la santé publique du Canada recueillera des statistiques sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et leurs besoins en matière de soins.

La recherche sur la maladie de Parkinson joue également un rôle pivot dans la concrétisation de notre vision : « Une meilleure qualité de vie et un avenir plus prometteur pour les Canadiens atteints aujourd’hui. Un monde exempt de la maladie de Parkinson demain ». Depuis la création du Programme national de recherche (PNR) en 1981, la Société Parkinson Canada et son réseau de partenaires ont investi plus de 25 millions de dollars pour financer 483 bourses et subventions de recherche. Ces activités scientifiques ont permis d’améliorer le diagnostic et les options therapeutiques de la maladie de Parkinson et de faire avancer les connaissances en vue de découvrir un traitement curatif.

Parkinson Canada logo

En ces temps de réjouissances, nous unissons nos forces et réitérons nos engagements envers les membres de la communauté du Parkinson. Le 1er janvier 2016, nous changerons officiellement de nom et deviendrons  Parkinson Canada. Nous continuerons fièrement de vous servir, tout en opérant une œuvre de bienfaisance efficace et efficiente dans le secteur de la santé.

Aussi, je vous souhaite, à vous et à votre famille, de joyeuses fêtes et vous offre mes meilleurs vœux pour 2016. Je voudrais également exprimer ma profonde gratitude à tous nos donateurs, bénévoles, chercheurs, professionnels de la santé et employés qui nous aident à apporter un soutien aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson de sorte qu’elles aient la meilleure qualité de vie possible.

Chelsie Kadgien s’efforce de localiser le gène responsable du transport

Chelsie Kadgien
Chelsie Kadgien

La détermination des fonctions de certains gènes est l’une des étapes cruciales dans la recherche des causes de la maladie de Parkinson. À l’Université de la Colombie‑Britannique, la spécialiste des neurosciences Chelsie Kadgien se concentre sur un gène en particulier appelé le gène VPS35 qui, à l’issue de mutations, est à l’origine de la survenue tardive de la maladie de Parkinson.

L’étudiante au doctorat, Chelsie Kadgien, étudie, à l’aide d’une mince couche de cellules cérébrales placées dans un tube à culture, la fonction de la protéine cellulaire VPS35. Jusqu’à présent, elle et ses collègues sont d’avis que ce gène joue un rôle dans le transport des protéines dans les cellules cérébrales. Certaines des autres protéines que la protéine VPS35 transporte sont d’importants maillons du réseau de communication des cellules cérébrales – une fonction cruciale qui préserve la santé des cellules et de tout le cerveau. 

« Les neurones reçoivent une quantité idéale de communications transmises par les autres cellules » mentionne Mme Kadgien. Si les cellules cérébrales ne reçoivent pas suffisamment de communications, elles peuvent mourir. Si elles en reçoivent trop, elles utilisent tellement d’énergie pour interpréter ces communications qu’elles peuvent s’épuiser, d’où la possibilité qu’elles meurent.

Mme Kadgien croit que les cellules cérébrales qui renferment des formes mutantes de la protéine VPS35 ont un trop grand nombre de récepteurs à la surface, ce qui explique qu’elles reçoivent trop de communications. Si elle peut confirmer sa théorie à l’aide de cultures cellulaires mais aussi de modèles animaux, elle ouvrira des horizons pour de nouveaux médicaments qui pourraient perturber ou corriger cette voie de communication cellulaire dans le cerveau qui entrave la communication et tue les cellules cérébrales.

« Nous voulons comprendre comment cette mutation particulière influe sur les cellules » déclare‑t‑elle. « Idéalement, nous aimerions découvrir une bonne cible aux fins d’une intervention thérapeutique. » Dans le cadre du Programme national de recherche de la SPC, une bourse d’études supérieures, d’une valeur de 30 000 $ et versée sur une période de deux ans, a récemment été accordée à M me Kadgien, ce qui lui permettra de financer son projet de recherche.

Mme Kadgien s’intéresse à la maladie de Parkinson depuis qu’elle a interrogé des personnes souffrant de démence et leurs aidants dans le cadre de sa participation à une étude réalisée en Colombie‑Britannique portant sur des médicaments visant à soigner des maladies neurodégénératives. « J’étais réellement frustrée parce que je ne pouvais pas venir en aide à ces personnes » affirme‑t‑elle. « Elles me téléphonaient pour que je leur fournisse quelque espoir et je n’avais rien à leur offrir. »

Mme Kadgien a donc décidé de faire porter ses efforts sur la recherche biologique en vue de trouver une solution. Étant donné que l’une de ses grands‑mères et l’un de ses grands‑pères souffrent de formes de démence différentes, elle a également pu voir de ses propres yeux les conséquences de celles‑ci.
« Je trouve cela très motivant » indique‑t‑elle.

Renseignez‑vous sur les quatorze autres chercheurs auxquels une bourse du Programme national de recherche de la SPC a été attribuée cette année. 

Une entrevue avec Jon Palfreman

Jon Palfreman
Jon Palfreman, l’auteur de Brain Storms est atteint de la maladie de Parkinson.

Jon Palfreman est l’auteur de Brain Storms: My Fight Against Parkinson’s and the Race to Unlock the Secrets of One of the Brain’s Most Mysterious Diseases.

Voici la version adaptée et abrégée de l’entrevue téléphonique que nous avons réalisée avec Jon Palfreman le 11 novembre 2015.

A. P. : J’aimerais commencer en vous remerciant d’avoir écrit un ouvrage sur la maladie de Parkinson qui est aussi riche en information et aussi facile à lire. Brain Storms retrace le long périple, caractérisé par la fébrilité et les désillusions, de la recherche scientifique visant à découvrir un traitement curatif ou de meilleurs traitements. Dans cet ouvrage, s’entrecroisent l’histoire de cette recherche et les expériences très humaines de personnes, y compris vous‑même, qui sont atteintes de la maladie de Parkinson.

A. P. : En janvier 2011, vous avez reçu le diagnostic de maladie de Parkinson. Pendant presque un an, vous n’avez révélé qu’à bien peu de gens que vous étiez atteint de cette maladie. Comment vous sentiez‑vous pendant ce temps?
J. P. : Comme la plupart des autres personnes, j’étais en état de choc. Vous voulez rester aussi longtemps que possible dans le monde des bien-portants. Il faut du temps pour digérer l’information. On pourrait penser que ma réaction aurait été plus complexe, mais ma connaissance préalable de la maladie de Parkinson et mes recherches à ce sujet n’ont eu aucun effet sur ma réaction à ce diagnostic. Il faut simplement du temps pour s’adapter. Il faut faire le deuil de sa vie antérieure et de la personne que l’on était autrefois et s’adapter à une nouvelle réalité. Environ un an après avoir reçu ce diagnostic, j’ai pris conscience que cette maladie n’allait pas disparaître et que mon destin était de faire quelque chose à ce sujet, d’utiliser mes compétences de journaliste et mon point de vue en tant que patient.

A. P. : Quand avez‑vous décidé d’écrire Brain Storms? Comment avez‑vous défini votre approche – où se côtoient la recherche et les histoires personnelles – même celles de chercheurs?
J. P. : Il s’agissait de trouver le bon ton. Je voulais réaliser un travail journalistique, non pas une autobiographie. J’interviens cependant dans l’histoire, à la manière d’un correspondant dans un documentaire – une personne qui ne domine pas la conversation, mais guide le lecteur. Je voulais raconter une histoire réelle, notamment faire état des témoignages des patients, qui susciterait de l’espoir pour l’avenir. Je voulais en arriver à un équilibre entre la vérité et l’espoir.

A. P. : Quelle incidence sur votre carrière le diagnostic de maladie de Parkinson a‑t‑il exercée? Travaillez‑vous à plein temps? Êtes‑vous à la retraite? Est‑ce que vous enseignez? Est‑ce que vous écrivez?
J. P. : J’ai pris ma retraite de l’enseignement plus tôt que je ne l’aurais souhaité. J’ai pris ma retraite à la fin de juin de la présente année (2015.) Je ne réalise plus de documentaires qui nécessitent souvent des déplacements à l’étranger. Dorénavant, je me concentre sur mon travail journalistique, sur l’écriture.

A. P. : Quels conseils donneriez‑vous à d’autres en ce qui concerne la communication du diagnostic à des collègues?
J. P. : Annoncez‑leur la nouvelle lorsque vous êtes prêt à le faire. Michael J. Fox a gardé le silence à ce sujet durant sept ans, ce qui me semble incroyable. Un jour ou l’autre, vous serez démasqué. Lorsque je travaillais à la rédaction de Brain Storms et que j’interviewais au téléphone des chercheurs, ou des chercheurs en laboratoire, je ne mentionnais pas que je souffrais moi aussi de cette maladie. Toutefois, lorsque je rencontrais en personne des cliniciens, je leur disais d’entrée de jeu que je souffrais de la maladie de Parkinson, car je savais qu’ils en reconnaîtraient immédiatement les symptômes.

A. P. : Vous êtes marié et vous avez trois enfants adultes de 22, 27 et 31 ans. Comment les membres de votre famille ont‑ils réagi à votre diagnostic?
J. P. : À l’instar de la personne souffrant de la maladie de Parkinson, les membres de la famille passent par leur propre processus de déni et en arrivent également par étapes à l’acceptation du diagnostic. Avant qu’ils lisent le livre, mes enfants ne voulaient pas vraiment faire face à mon diagnostic de maladie de Parkinson ou se renseigner à ce sujet. Les seuls défis que nous affrontons sont ceux auxquels nous ne pouvons échapper. Mes enfants tentent encore d’accepter ce diagnostic et de s’y adapter.

Mon épouse fait de la marche rapide avec moi presque chaque jour, en me mettant au défi de la suivre. Dans mon livre, une histoire fait état des bienfaits des exercices vigoureux et difficiles pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

A. P. : Les membres de la famille ont parfois de la difficulté à venir en aide à la personne touchée par la maladie de Parkinson, tout en lui permettant de préserver son indépendance. Quels conseils donneriez‑vous aux membres de la famille et aux aidants naturels quant à la façon de s’y prendre pour aider un proche atteint de la maladie de Parkinson?
J. P. : Les membres de la famille doivent faire preuve de compassion, tout en laissant répondre de ses actes la personne atteinte de la maladie. De surcroît, il faut garder à l’esprit que les symptômes de la maladie varient considérablement d’une personne à l’autre – certaines auront moins de difficultés que d’autres à accomplir certaines tâches. Il ne faut pas établir de comparaisons entre ce que deux personnes peuvent faire. Le plus important, c’est que les membres de la famille et les amis aident la personne atteinte à garder le contact avec la vie.

Le plus grand risque, c’est que la personne atteinte délaisse sa vie personnelle, ses activités et ses relations sociales – elle perdra alors toute confiance. Elle peut trouver gênant d’avoir de la difficulté à retirer une carte de crédit de son portefeuille ou à manger au restaurant. Elle doit faire son possible pour être aussi active qu’auparavant. Certaines tâches nécessitant de la dextérité manuelle, comme attacher ses boutons, sont plus ardues. Il se peut que la personne atteinte ait besoin d’aide, mais elle doit être prête à faire un essai. Elle sera surprise de ce qu’elle arrive à accomplir. Tout en prenant conscience de ses limites, elle doit également apprendre à demander et à accepter de l’aide.

A. P. : Même avant de recevoir votre diagnostic de maladie de Parkinson et d’écrire ce livre, vous aviez interrogé quelques‑uns des chefs de file mondiaux dans le domaine de la recherche sur la maladie de Parkinson. À votre avis, ces derniers ont‑ils des caractéristiques en commun? D’après vous, qu’est‑ce qui les pousse à s’engager dans un processus souvent très long et très frustrant?
J. P. : La recherche biomédicale s’effectue à un rythme très lent et s’appuie souvent sur la science fondamentale. Le cerveau est un tel mystère. Il est extrêmement difficile de saisir les subtilités d’une maladie comme la maladie de Parkinson, et les chances sont minces qu’une recherche débouche sur un traitement curatif. La plupart des chercheurs sont motivés par le désir de venir en aide aux personnes souffrant de cette maladie.

Qui plus est, les patients atteints de la maladie de Parkinson sont en assez bonne santé, comparativement à bien d’autres personnes malades que les chercheurs tentent d’aider, par exemple, celles qui souffrent de la maladie de Huntington, de certains cancers ou de la SLA. Il y a une intense interaction entre les patients atteints de la maladie de Parkinson, les cliniciens et les chercheurs. Cela favorise leur motivation; ils voient les personnes qui souffrent de cette maladie.

A. P. : Quels messages communiquez‑vous aux chercheurs dans le domaine de la maladie de Parkinson?
J. P. : Il reste encore beaucoup de mystères à élucider; beaucoup de zones d’ombre en ce qui concerne la maladie de Parkinson. Le mode d’administration de la lévodopa est essentiellement le même qu’il y a dix ans. Les progrès semblent lents, en particulier lorsque nous mesurons le chemin parcouru dans d’autres domaines de la recherche biomédicale, par exemple, la science a dressé la séquence du génome humain. Une foule d’intervenants sont associés à la biomédecine, entre autres les gouvernements, les sociétés pharmaceutiques, les instituts de recherche et les universités. Les essais cliniques sont longs, ardus et onéreux. Des décennies s’écoulent sans que de réelles avancées soient enregistrées. Par exemple, l’intervention des alpha‑synucléines dans la maladie de Parkinson a été établie en 1997 – soit il y a presque deux décennies –, mais peu de progrès ont été accomplis depuis ce temps. Tout cela prend tellement de temps.

A. P. : Quels seraient, selon vous, les progrès les plus emballants de la recherche à l’avenir?
J. P. : À l’heure actuelle, le plus grand progrès serait que nous puissions éliminer les formes toxiques de l’alpha-synucléine pouvant être à l’origine de douzaines de symptômes dans bon nombre de régions du cerveau. La compréhension des causes profondes de la maladie de Parkinson serait un événement majeur. Ce qui importe le plus en ce moment ce serait de découvrir un agent qui réduirait les dépôts d’alpha‑synucléine.

Certaines avancées dans le domaine des thérapies seraient également les bienvenues. De nouveaux modes d’administration, à l’aide d’une pompe ou d’un timbre quotidien transdermique, de la lévodopa ont été mis au point, ce qui permet d’assurer l’administration d’une dose plus constante. Des faits nouveaux ont également été signalés dans le domaine de la chirurgie de SCP (stimulation cérébrale profonde), visant la prestation de la SCP en boucle fermée, seulement lorsque cela est nécessaire.

A. P. : Il est question dans votre livre de la danseuse Pamela Quinn et de certains des conseils qu’elle donne aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson quant à la rééducation du corps, par exemple, apprendre à marcher en amenant d’abord la jambe en avant comme un mannequin ou mettre un terme au blocage en faisant d’abord un pas de côté comme un pingouin. Avez‑vous eu l’occasion de mettre ces conseils en pratique?
J. P. : (rires) J’essaie vraiment de me déplacer comme un mannequin – les pieds en premier. En fait, cela permet d’améliorer la posture voûtée des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

A. P. : Vous exposez également le cas d’un homme qui pouvait à peine marcher, mais n’avait cependant aucune difficulté à rouler à bicyclette. Avez‑vous déjà vécu de tels paradoxes en ce qui a trait à vos propres capacités?
J. P. : Il est extraordinaire de constater que certaines capacités des personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont préservées. C’est pourquoi il vaut la peine d’essayer de faire les choses que l’on faisait autrefois. Il est possible que l’on soit encore capable de faire bien des choses. Les capacités sont imprévisibles et, comme dans le cas de la personne mentionnée, il se pourrait que l’on puisse se déplacer à bicyclette, mais non pas à pied. Il s’agit d’un exemple de la complexité et de l’imprévisibilité des circuits cérébraux.

A. P. : Comment vous portez‑vous aujourd’hui – quel est votre état de santé physique? Quels traitements suivez‑vous?
J. P. : Je suis encore assez mobile et je marche environ 90 minutes par jour d’un bon pas. L’exercice – intensif et régulier – semble tout faciliter. C’est différent en ce qui me concerne la motricité fine dans mon cas – j’ai de la difficulté à écrire. Comme tout le monde, j’ai des hauts et des bas, sans raison apparente. Un jour je me sens bien, et le lendemain je suis anxieux et nerveux. Les médicaments et l’horaire de la médication peuvent également avoir une influence. Il n’y a pas que les intrants, il y a aussi les extrants. Votre système nerveux semble être plus fragile. Je compose bien plus difficilement avec le décalage horaire.

Par rapport à d’autres personnes souffrant de maladies bien plus graves comme la maladie de Huntington, la SLA ou un cancer en phase terminale, je ne vais pas trop mal. En fait, je réalise que j’ai de la chance. Nous qui sommes atteints de la maladie de Parkinson sommes chanceux d’avoir à notre disposition un médicament pour traiter nos symptômes, même si ce dernier comporte des effets secondaires. Grâce à la lévodopa, nous pouvons avoir une vie productive durant de nombreuses années.

A. P. : Quelle a été l’incidence du diagnostic de la maladie de Parkinson sur votre vision de l’avenir? Que faites‑vous pour garder le moral?
J. P. : Je sais que la maladie de Parkinson réduira ma durée de vie. Mais cette maladie a modifié mon point de vue. Lorsque l’on sait son temps limité, on veut en jouir pleinement et « profiter du moment présent ». Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson envisagent l’avenir d’une autre manière. Elles sont engagées dans un combat qu’elles ne vont pas gagner. La maladie a une profonde incidence sur le reste de leur vie.

A. P. : La maladie de Parkinson a‑t‑elle ajouté un quelconque élément positif à votre vie?
J. P. : Oui, essentiellement parce que je fais désormais partie de la « tribu » Parkinson. J’ai fait la connaissance de personnes que je n’aurais jamais rencontrées, un grand nombre de personnes courageuses et stimulantes. C’est un grand plaisir de vivre cette expérience de camaraderie avec d’autres personnes qui ont tant de choses en commun.

A. P. : Quels conseils donneriez‑vous à d’autres personnes atteintes de la maladie de Parkinson, en particulier à celles qui viennent de recevoir un tel diagnostic? D’après vous, comment doivent‑elles se familiariser avec la maladie de Parkinson, acquérir de la confiance et prendre part aux soins qui leur sont prodigués?
J. P. : Soyez aussi bien informé que possible. Il serait peut‑être bon de lire mon livre. Sachez à quoi vous devez vous attendre à l’avenir. Sur le plan psychologique, faites en sorte d’être aussi engagé et confiant que possible. Vous devez lutter contre la tendance à vous isoler. Apprenez à demander de l’aide lorsque vous en avez besoin. Il y a tellement de gens qui sont prêts à vous venir en aide si vous le souhaitez.

A. P. : En ce qui concerne l’avenir, quelles sont vos craintes?
J. P. : Je crois que la plupart des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont peur de la façon dont elles mourront. J’estime qu’il est inutile de penser à cela. La maladie de Parkinson atteint des personnes, mais n’entraîne pas leur décès. C’est trop déprimant de penser continuellement à la mort.

A. P. : Quelles sont les personnes qui vous inspirent?
J. P. : Les personnes qui m’inspirent sont celles qui continuent de faire partie du monde, même si elles sont plus mal en point ou à un stade plus avancé de la maladie de Parkinson. Les personnes qui sont atteintes de la maladie de Parkinson à un âge précoce sont souvent celles qui m’inspirent le plus. En ce qui me concerne, la maladie de Parkinson n’est pas une tragédie. J’ai déjà eu une belle existence. Je ne me sens pas autant floué du fait que j’ai contracté la maladie de Parkinson à 60 ans. Je suis d’avis que le sort de ces personnes est beaucoup plus triste. Bon nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson à un âge précoce sont des plus remarquables.

Au sujet de l’auteur : Jon Palfreman, titulaire d’un doctorat, est professeur émérite en journalisme à l’Université de l’Oregon, journaliste scientifique primé et producteur de plus de 40 documentaires pour la BBC et PBS. Âgé de 65 ans, il vit à l’heure actuelle à Lexington, au Massachusetts.

Pendant la période des fêtes, votre don à la Société Parkinson Canada sera triplé

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Au cours du mois de décembre, votre don à la Société Parkinson Canada sera triplé par un donateur anonyme, jusqu’à concurrence de 50 000 $! Grâce à votre don, vous contribuerez au soutien d’essentiels projets de recherche, de formation des professionnels de la santé et d’initiatives de soutien et de défense des droits des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Comme vous le savez, la maladie de Parkinson est une maladie  neurologique qui s’aggrave au fil du temps et prive les adultes de leur autonomie. Cette maladie est incurable, et les traitements actuels ne visent qu’à contrer les symptômes. Il n’existe aucun moyen de ralentir la progression de la maladie.

Chaque jour, dix personnes reçoivent un diagnostic de maladie de Parkinson. Votre don permettra à la Société Parkinson Canada d’offrir un soutien et de l’espoir aux Canadiens atteints de la maladie de Parkinson, dont le nombre ne cesse de croître. Ensemble, nous pouvons leur assurer dès aujourd’hui une vie et un avenir meilleurs  et demain, un monde  sans maladie de Parkinson.

Faites un don d’espoir durant la période des fêtes et manifestez votre appui dès maintenant.

Notre engagement envers vous et les vôtres

La Société Parkinson Canada fait passer les gens en premier. Toujours.

Nous y parvenons en grande partie grâce à notre indéfectible engagement à adopter une démarche éthique et transparente en matière de collecte de fonds. Par notre travail acharné, nous avons mérité votre confiance et nous vous avons persuadés d’investir dans nos activités visant l’éradication de la maladie de Parkinson et l’amélioration de la vie des personnes atteintes de cette maladie. Nous avons le devoir de reconnaître votre soutien.

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