Parkinson Canada annonce le financement de 19 projets de recherche pour 2016-2018

Parkinson Canada et ses partenaires sont fiers de soutenir 19 chercheurs ayant été récemment nommés récipiendaires d’une subvention, d’une bourse de recherche ou d’une bourse d’études du Programme de recherche pour les deux prochaines années. Ils contribueront à l’avancement des connaissances sur la maladie de Parkinson, une maladie complexe du cerveau, et communiqueront leurs connaissances au milieu scientifique et à la communauté Parkinson. Leurs travaux donnent de l’espoir aux personnes atteintes.

Ces dernières bourses représentent une aide totale de 1 124 018 $ à de nouveaux projets de recherche au Canada. Le Programme de recherche de Parkinson Canada investit actuellement un montant total de 1 439 018 $, incluant les neuf bourses de recherche qui en sont à leur deuxième année. Depuis 1981, le Programme de recherche de Parkinson Canada a investi plus de 26 millions de dollars dans 503 projets de recherche.

Les dernières bourses sont les suivantes :

  • 7 bourses pour projet pilote
  • 3 bourses pour nouveaux chercheurs
  • 3 bourses de recherche fondamentale
  • 1 bourse clinique en troubles du mouvement
  • 1 bourse de recherche clinique
  • 4 bourses d’études supérieures

Une liste détaillée des boursiers de 2016-2018, des titres de leurs travaux, de leurs affiliations et des montants accordés se trouve à la section « Recherche » du site www.parkinson.ca. Les descriptions des projets et des chercheurs financés cette année seront ajoutées à la section « Recherche » du site Web plus tard cet automne et mises de l’avant tout au long de l’année dans e-L’Actualité Parkinson.

Comment choisissons-nous les projets que nous finançons?
La sélection des projets financés relève d’un processus rigoureux. Parkinson Canada lance un appel de propositions aux chercheurs, aux professionnels de la santé et aux étudiants diplômés du Canada longtemps avant la date limite de dépôt des demandes.

Un examen des propositions est mené par les pairs du Comité consultatif scientifique (CCS) de Parkinson Canada, qui examinent et attribuent une note et un rang à chaque projet en s’appuyant sur les normes des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). (Les membres se retirent de l’examen d’une proposition en cas de conflit d’intérêts.)

Les membres du CCS, tous des experts bénévoles, prennent environ deux mois pour examiner et accorder une note aux propositions, puis se réunissent pour en discuter et leur attribuer une note finale. Le classement établi selon les notes accordées par le CCS est communiqué au Comité de politique de recherches (CPR), qui recommande au conseil d’administration de Parkinson Canada le financement des propositions ayant obtenu les meilleures notes en fonction de leur excellence scientifique, de leur aspect novateur et de leur pertinence pour la maladie de Parkinson.


Les membres du Comité consultatif scientifique se réunissent
pour accorder une note aux propositions de recherche.
« Nous réussissons à mener un processus décisionnel et de financement d’une grande rigueur et d’une grande qualité grâce au temps et à l’expertise qu’offrent généreusement les membres de notre Comité consultatif scientifique et ceux du Comité de politique de recherches du conseil d’administration de Parkinson Canada. « La réputation de qualité de notre Programme de recherche est maintenue grâce à leurs efforts et à leur expertise », affirme Julie Wysocki, directrice, Programme de recherche de Parkinson Canada.

La dernière étape du processus de financement de la recherche consiste à la présentation annuelle et à la fin des subventions pluriannuelles de rapports d’étape et de comptabilité financière par les bénéficiaires.

Les rapports d’étape soulignent les résultats de recherche et leur communication au moyen de présentations et de publications scientifiques et publiques. « La communication des connaissances acquises est aussi importante que les résultats eux-mêmes, souligne Julie Wysocki. Le transfert de connaissances garantit que les travaux de nos chercheurs alimentent le corpus mondial de connaissances sur la maladie de Parkinson. »

Outre les 19 projets financés durant le cycle 2016-2018, 66 autres projets d’une grande qualité scientifique ayant reçu une recommandation favorable se sont classés en deçà du seuil de financement et n’ont pas été financés. Le financement de ces autres projets nécessiterait un budget supplémentaire de 3 557 688 $, qui dépend du soutien des donateurs. Votre don à Parkinson Canada aide le Programme de recherche à enrichir l’ensemble de données pertinentes et essentielles sur la maladie de Parkinson au Canada et dans le monde.

Plus de renseignements sur le Programme de recherche de Parkinson Canada

Parkinson Canada est le plus important bailleur de fonds non gouvernemental en matière de recherche sur la maladie de Parkinson au Canada. L’investissement dans des projets scientifiques qui touchent la plupart des aspects de la maladie, comme les causes, les complications, les troubles cognitifs, les biomarqueurs, la neuroprotection et la qualité de vie, donne de l’espoir et contribue à une meilleure compréhension de la maladie. Les travaux des chercheurs financés par Parkinson Canada portent également sur les troubles connexes, comme l’atrophie multisystématisée, la maladie de Steele-Richardson et d’autres formes du syndrome parkinsonien, et sur les répercussions de ces troubles sur les personnes et la société.

Le Programme de recherche de Parkinson Canada investit dans ce qui suit :

  • des travaux de recherche canadiens novateurs et de grande qualité par des chercheurs établis et de la relève
  • des travaux de recherche à la phase de la découverte au cours desquels les chercheurs formulent de nouvelles hypothèses et poursuivent des pistes prometteuses
  • des chercheurs en début de carrière, afin de former la nouvelle génération de spécialistes de la maladie de Parkinson
  • des travaux de recherche originaux pour renforcer la capacité, promouvoir la créativité et mobiliser un plus grand nombre de chercheurs
  • la formation spécialisée permettant aux cliniciens de renforcer la capacité des soins de grande qualité offerts aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson

Le cerveau pulsant et ses conséquences du point de vue de la maladie de Parkinson

Bradley MacIntosh
Bradley MacIntosh

Avant même de présenter des symptômes moteurs, notamment de la raideur ou des tremblements, les personnes atteintes de la maladie de Parkinson peuvent éprouver des problèmes liés à la pression artérielle et des troubles cognitifs qui limitent leurs capacités de jugement et de raisonnement.

À l’Institut de recherche Sunnybrook de Toronto, Bradley MacIntosh, un spécialiste de la neuro-imagerie, se sert de la technologie d’imagerie pour identifier les personnes présentant ces symptômes précoces de la maladie de Parkinson. M. MacIntosh utilise l’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour obtenir des images du cerveau des personnes qui ont de la difficulté à réguler leur tension artérielle, un problème appelé hypotension orthostatique. Bradley MacIntosh a reçu une bourse de projet pilote Porridge for Parkinson’s (Toronto) en l’honneur de Delphine Martin, d’une somme de 45 000 $, dans le cadre du cycle de financement de 2015-2017 du Programme de recherche de Parkinson Canada.

Ces problèmes de pression artérielle peuvent provoquer des étourdissements, des vertiges et des évanouissements, en particulier lorsque les personnes se lèvent. Les encéphalogrammes effectués par M. MacIntosh permettront de déterminer le rythme des pulsations du cerveau – et de mesurer la circulation sanguine vers le cerveau. Il est d’avis que les fluctuations de la circulation sanguine sont néfastes pour le cerveau et peuvent expliquer que les cellules soient privées ou inondées d’oxygène, à différents moments. Cette « pulsatilité », indique que le patient souffre d’hypotension orthostatique.

M. MacIntosh espère établir des corrélations entre les rythmes de pulsatilité et les fluctuations observées dans la matière blanche du cerveau des personnes qui, selon le diagnostic clinique déjà posé, ont atteint le stade précoce de la maladie de Parkinson. Avec les membres de son équipe, il fera subir à ces patients des tests des fonctions cognitives pour voir si elles sont également en déclin. S’il peut confirmer l’existence d’un lien avec les fluctuations de la circulation sanguine vers le cerveau et faire la preuve du déclin des fonctions cognitives, il aura, non seulement mis au point une méthode facilitant le diagnostic de la maladie de Parkinson, mais il se pourrait également qu’il ouvre de nouvelles perspectives en matière de traitement. Le traitement au stade précoce des fluctuations de la pression artérielle pourrait être bénéfique.

« Pour l’instant, notre objectif est d’élaborer un outil de diagnostic non envahissant à l’aide des renseignements dont nous disposons déjà » précise M. MacIntosh. « Il s’agit simplement d’établir et de prouver que cela peut être utile. »

La maladie de Parkinson n’est qu’un des nombreux sujets complexes, allant de la physique au jazz, que M. MacIntosh étudie. « Bien que ma vie ne soit pas compliquée, je dois dire que j’aime les choses compliquées » mentionne-t-il. En particulier, il aime travailler dans le domaine de la recherche sur la maladie de Parkinson parce « qu’il y a beaucoup d’optimisme en ce qui concerne cette maladie. »

Obtenez de plus amples renseignements sur les autres chercheurs ayant récemment reçu un financement du Programme de recherche de Parkinson Canada.

Trouble du comportement en sommeil paradoxal comme précurseur de la maladie de Parkinson

Dr Jacques Montplaisir
Dr. Jacques Montplaisir

Au cours de la phase de sommeil caractérisée par des mouvements oculaires rapides survenant toutes les 90 minutes, la plupart des gens respirent et rêvent tandis que leur corps est paralysé. Toutefois, à mesure que nous vieillissons, certains d’entre nous présentent une perte de l’atonie musculaire en période de sommeil paradoxal et réagissent (parfois violemment) comme si les rêves étaient réels.

À l’Université de Montréal, le Dr Jacques Montplaisir, psychiatre et neurobiologiste, étudie le lien entre les troubles du comportement en sommeil paradoxal et la maladie de Parkinson. La grande majorité des gens souffrant de ce trouble du sommeil (environ 1 % de la population générale) développeront plus tard la maladie de Parkinson ou la démence à corps de Lewy, une autre maladie neurologique progressive étroitement liée à la maladie de Parkinson.  Ces travaux sont financés par une bourse de projet pilote d’un an, d’une somme de 44 850 $, dans le cadre du Programme de recherche de Parkinson Canada, avec l’appui du Fonds québécois de recherche sur le Parkinson* de Parkinson Québec.

« Jusqu’à 80 % des patients souffrant de ces troubles du sommeil présenteront la maladie de Parkinson ou la démence à corps de Lewy dans un délai d’environ dix ans, précise le Dr Montplaisir. Il s’agit d’un facteur de risque très important pour la maladie de Parkinson. »

À l’aide de la tomographie par émission de positrons (TEP), le Dr Montplaisir et les membres de son équipe étudieront les cerveaux et les intestins des personnes souffrant de ce trouble du sommeil afin de détecter l’existence d’un lien avec la libération anormale d’une substance chimique appelée l’acétylcholine. Ils estiment que les personnes atteintes de ce trouble du sommeil souffrent d’une carence empêchant la libération d’une quantité suffisante de cette substance chimique.

En comparant leurs tomogrammes à ceux de personnes qui ne souffrent pas de la maladie de Parkinson, le Dr Montplaisir et ses collègues espèrent découvrir dans le cerveau des marqueurs TEP qui permettront de cerner les personnes plus susceptibles de développer la maladie de Parkinson.

L’identification de cette population de personnes dix ou vingt ans avant qu’elles ne présentent les symptômes moteurs les plus souvent associés à la maladie de Parkinson permettrait aux chercheurs de leur administrer des médicaments qui pourraient bloquer ou ralentir la dégénérescence des cellules cérébrales avant que la majeure partie des lésions cérébrales ne surviennent, affirme le Dr Montplaisir.

« Des médicaments (nouveaux) sont en voie d’être mis au point. Nous aimerions avoir accès à ces médicaments pour traiter les patients souffrant de troubles du comportement en sommeil paradoxal », déclare‑t‑il.

Pendant des décennies, le Dr Montplaisir a poursuivi son travail de recherche sur les troubles du sommeil, sans savoir que ses travaux déboucheraient sur un lien avec la maladie de Parkinson. Dorénavant, il estime être à l’aube d’une « avancée majeure » qui permettra de mieux comprendre la maladie.

Obtenez de plus amples renseignements sur les autres chercheurs ayant récemment reçu un financement du Programme de recherche de Parkinson Canada.

* Le Fonds québécois de recherche sur le Parkinson est financé notamment par le Fonds de recherche Saucier‑van Berkom Parkinson Québec.

Connexions critiques entre les neurones cérébraux.

Charles Ducrot
Charles Ducrot

L’établissement de connexions n’est pas seulement important pour le bien‑être affectif des gens – il est également crucial du point de vue de la santé cérébrale. Comme les chercheurs sont en voie de le découvrir, les synapses, ou les connexions qui transmettent les signaux et l’information d’un neurone à l’autre, peuvent donner des indices quant aux causes de la maladie de Parkinson.

À l’Université de Montréal, le biologiste moléculaire Charles Ducrot étudie le rôle des synapses dans la plus grande vulnérabilité à la mortalité des neurones dopaminergiques qui se trouvent dans une zone du cerveau plutôt que dans une autre. Ses travaux sont financés par une bourse d’études supérieures de deux ans, d’une somme de 30 000 $, dans le cadre du Programme de recherche de Parkinson Canada, avec l’appui du Fonds québécois de recherche sur le Parkinson* de Parkinson Québec.

La recherche antérieure a déjà établi que la mort de ces neurones dopaminergiques joue un rôle central dans la maladie de Parkinson. À l’heure actuelle, M. Ducrot, un étudiant au doctorat, vérifie la théorie selon laquelle les neurones moins vulnérables de l’aire tegmentale ventrale (ATV) du cerveau ont une plus longue durée de vie que ceux de la substantia nigra parce qu’ils établissent plus de connexions synaptiques libérant un messager chimique appelé glutamate. Il se pourrait que ces synapses leur permettent de mieux communiquer avec leurs cellules cibles et de recevoir des signaux qui favorisent leur survie.

M. Ducrot souhaite découvrir si les cellules cérébrales produisant de la dopamine dans la substantia nigra meurent parce qu’elles renferment moins de synapses glutamatergiques et ne peuvent recevoir autant de signaux de survie.

Pour vérifier cette théorie, M. Ducrot et ses collègues ont circonscrit les principales protéines associées à l’établissement de ces connexions, ou synapses. Grâce à l’utilisation de cultures cellulaires, il augmentera ou réduira la quantité de ces protéines exprimées dans les cellules, afin de modifier le nombre de synapses établis par les neurones. Il exposera ensuite les cellules aux toxines qui produisent des symptômes semblables à ceux de la maladie de Parkinson, pour voir si les cellules cérébrales ayant moins de synapses sont plus vulnérables et meurent.

« Nous savons que les connexions synaptiques sont très importantes et interviennent, d’une certaine manière, dans la survie » déclare M. Ducrot. À son avis, « si nous favorisons l’expression de ces protéines, nous augmentons le nombre de synapses et nous pourrions atténuer la vulnérabilité des neurones dans la maladie de Parkinson. »

Si M. Ducrot peut prouver sa théorie, il espère jeter les bases d’un nouveau type de thérapie génétique.

Depuis sa première année d’études universitaires, au cours de laquelle il a découvert l’existence des neurones dopaminergiques, M. Ducrot s’est donné pour mission de découvrir les causes de la maladie de Parkinson. « Il s’agit d’une maladie répandue que je veux mieux connaître et mieux comprendre » déclare‑t‑il.

Obtenez de plus amples renseignements sur les autres chercheurs ayant récemment reçu un financement du Programme de recherche de Parkinson Canada.

* Le Fonds québécois de recherche sur le Parkinson est financé notamment par le Fonds de recherche Saucier‑van Berkom Parkinson Québec.