Un partenariat de recherche sur le cerveau, formé en prévision de la transplantation de cellules souches, offre un nouvel espoir aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson

Computerized neuro-injector for stem cell grafting.
>Neuro-injecteur informatisé servant à la transplantation des cellules souches.

Un partenariat de recherche mis sur pied par des innovateurs en neurochirurgie de l’Université de la Saskatchewan et des chercheurs avant-gardistes du domaine des cellules souches de Harvard offre un nouvel espoir aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Le mois dernier, le Dr Ole Isacson, professeur à Harvard, s’est joint au Dr Ivar Mendez, président du département de chirurgie de l’Université de la Saskatchewan, pour annoncer le projet de recherche conjoint. Ce projet permettra éventuellement de transplanter des cellules cérébrales produisant de la dopamine dans le cerveau de 20 personnes atteintes de la maladie de Parkinson, au moyen d’un « micro­injecteur » à la fine pointe de la technologie.

M. Isacson, neurobiologiste, et M. Mendez, neurochirurgien, collaborent depuis environ une décennie et uniront leur formidable expertise dans le cadre d’un projet de recherche conjoint. « L’équipe de Harvard est à l’avant-garde de la production de cellules cérébrales de qualité clinique destinées à la transplantation », déclare M. Mendez.

L’équipe de M. Isacson commence son travail en prélevant des cellules sanguines ou de peau sur un patient adulte. Ces cellules sont transformées en cellules souches, puis en cellules cérébrales produisant de la dopamine. « Puisque les cellules proviennent du patient, le corps ne les rejette pas. En outre, nous n’avons pas à utiliser de médicaments immunodépresseurs (anti-rejet), lesquels peuvent entraîner un grand nombre de graves effets secondaires », indique M. Mendez.

M. Isacson décrit l’équipe neurochirurgicale de M. Mendez comme étant « une des plus spécialisées » dans le monde. M. Mendez, le premier à avoir transplanté des cellules souches fœtales dans le cerveau de patients de l’Université de Dalhousie il y a presque dix ans, est le seul chirurgien au Canada, et l’un des seuls dans le monde, à pouvoir exécuter cette procédure complexe. Cette fois­ci, il misera sur la technologie la plus récente en utilisant un micro­injecteur informatisé pour déposer les cellules souches adultes d’un patient à une distance de moins de 0,3 millimètre de la zone cible, soit environ la longueur d’un grain de sel de table.

« Nous programmons les paramètres de la transplantation dans le contrôle informatique de l’appareil », indique M. Mendez, « comme le volume des cellules et la cadence d’implantation, et plaçons le dépôt au moyen d’un réseau en trois dimensions, à l’emplacement exact dans le cerveau. »

Les deux équipes de chercheurs continueront d’examiner et de mettre à l’essai leurs parties respectives de la recherche et les essais cliniques devraient débuter dans deux à trois ans. En outre, des critères seront élaborés pour sélectionner les patients candidats convenant le plus à l’essai. Toutes les chirurgies seront pratiquées par le Dr Mendez à Saskatoon, même si les patients seront sélectionnés dans toutes les régions de l’Amérique du Nord.

« Nous sommes très fiers que ces travaux soient exécutés au Canada par notre équipe multidisciplinaire, laquelle comprend des spécialistes de l’imagerie, de la chirurgie, des troubles du mouvement et de nombreuses autres disciplines », déclare M. Mendez. Comme dans le cas d’une chirurgie de stimulation cérébrale profonde, les patients seront éveillés, mais ne sentiront aucune douleur pendant la chirurgie, qui durera environ de trois à quatre heures.

Computerized neuro-injector for stem cell grafting.
Dr Ivar Mendez faisant la démonstration des contrôles du neuro-injecteur informatisé

Une fois que les cellules seront transplantées, elles commenceront progressivement à se répandre dans le cerveau, à établir des liens et à produire de la dopamine et, dans un délai inférieur à neuf mois, on prévoit que les symptômes de la maladie de Parkinson seront atténués. « Techniquement, cette procédure ne sera pas un remède à la maladie de Parkinson, puisque nous ne savons toujours pas ce qui cause la maladie. Toutefois, la procédure représentera un énorme progrès sur le plan des options thérapeutiques offertes », affirme M. Mendez.

« L’objectif suprême est que les cellules souches transplantées reconstruisent la « circuiterie » du cerveau qui a été détruite par la maladie de Parkinson et qu’elles rétablissent une certaine fonction chez la personne », indique M. Mendez.

Le Programme national de recherche de la Société Parkinson Canada finance la recherche novatrice qui vise à résoudre les mystères de la maladie de Parkinson. Pour de plus amples renseignements sur les projets actuellement financés, visitez le www.parkinson.ca.

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