Glutamate : l’autre substance chimique dans le cerveau

Dr Philippe Huot,
professeur adjoint,
Université McGill

À l’Université McGill, le Dr Philippe Huot, neurologue et professeur adjoint, teste la capacité de nouveaux médicaments potentiels à réguler le glutamate, un neurotransmetteur du cerveau. Son équipe croit que le glutamate joue un rôle important dans les mouvements involontaires (dyskinésie) observés chez de nombreux parkinsoniens prennant de la lévodopa. Ce médicament est utilisé pour traiter une baisse de dopamine, un autre neurotransmetteur du cerveau. La diminution d’un de ces neurotransmetteurs peut déséquilibrer l’autre. Le Dr Huot veut rétablir l’équilibre et réduire la dose de lévodopa. Cette recherche est rendue possible grâce à une subvention de projet pilote du Programme national de recherche de Parkinson Canada pour 50 000 $ sur un an et financée par Rudy’s Run en l’honneur de Rudy Erfle.

Le glutamate est la substance chimique la plus abondante dans le cerveau. Il transmet constamment des signaux de communication entre les cellules nerveuses. Jusqu’à récemment, son rôle dans la maladie de Parkinson était toujours nébuleux parce que la plupart des chercheurs s’étaient concentrés sur la dopamine, un autre neurotransmetteur dont la carence peut causer des raideurs et des tremblements chez les personnes atteintes de cette maladie.

À l’Université McGill, le Dr Philippe Huot, neurologue et professeur adjoint, explore la relation entre ces deux importantes substances chimiques dans le cerveau. Il cherche un moyen de contrôler la libération du glutamate.

« Tout est lié au cerveau , explique-t-il.  Dans la maladie de Parkinson, il y a une diminution de dopamine, ce qui causera des anomalies dans les signaux transmis par le glutamate. Nous cherchons à réguler la transmission du glutamate. »

À l’aide d’un modèle expérimental de la maladie de Parkinson, le Dr Huot et son équipe évaluent l’effet de certains nouveaux composés ou nouveaux médicaments potentiels sur les récepteurs métabotropiques du glutamate 2 (mGlu2) dans le cerveau. Ces récepteurs sont les protéines auxquelles le glutamate se lie à l’intérieur des cellules.

Un excès de glutamate a été mis dans les causes des mouvements incontrôlables (dyskinésie) observés chez de nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui prennent de la lévodopa. La lévodopa est une forme synthétique de dopamine utilisée pour traiter les symptômes moteurs des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Si le Dr Huot trouve un composé qui peut bloquer la libération du glutamate, il pourrait réduire la dyskinésie des gens. Tout médicament mis au point à partir de ce composé pourrait également permettre aux gens de prendre moins de dopamine, ce qui réduirait ses effets secondaires.

« Nous nous intéressons au fait que cette classe de composés semble pouvoir atténuer plus d’un symptôme de la maladie de Parkinson , ajoute le Dr Huot.  Elle pourrait donc aussi réduire la nécessité de prendre plusieurs médicaments. »

En plus du temps qu’il passe au laboratoire à la recherche de nouvelles possibilités de traitement, le Dr Huot traite beaucoup de personnes atteintes de la maladie de Parkinson avec les seuls médicaments qui existent. Il voit d’emblée l’effet du traitement actuel, ce qui oriente ses projets de recherche.

À l’origine, son choix de carrière en recherche était motivé par sa curiosité scientifique à trouver les causes de la maladie de Parkinson et le désir d’aider les gens.

C’est maintenant son désir d’améliorer la vie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui le fait progresser.

« Je vois des patients. C’est l’espoir dans leurs yeux — les questions qu’ils posent au sujet de la recherche — qui me motive dans ce domaine. Je veux les aider. »

 

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