Placer l’évaluation entre les mains des patients

Placer l’évaluation entre les mains des patients

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson peuvent ne consulter leur médecin que quelques fois par année, ce qui représente un défi pour suivre l’évolution de cette maladie compliquée, dont les symptômes peuvent varier d’un jour à l’autre ou d’une semaine à l’autre. Babak Taati, ingénieur à l’Institut de recherche KITE rattaché à l’Institut de réadaptation de Toronto (TRI), a étudié ce défi diagnostique ces dernières années. La recherche de Taati est rendue possible grâce à une subvention de projet pilote de 50 000 $ sur un an, du Programme national de recherche de Parkinson Canada.

Si un rendez-vous clinique survient lors d’une « bonne » journée où la personne a peu de symptômes problématiques, le clinicien pourrait facilement supposer que tout va bien. À l’inverse, si le patient se présente lors d’une « mauvaise » journée, il pourrait conclure que son état s’aggrave. En fait, aucune de ces évaluations n’est correcte, mais il n’y avait aucun moyen de le confirmer jusqu’à maintenant.

Taati travaille dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), une technologie qui a progressé au point de suivre les détails des symptômes d’une personne en fonction des mouvements physiques montrés sur une vidéo.

« La sensibilité des techniques d’apprentissage automatique par la vision artificielle s’est révélée égale et, dans certains cas, même un peu supérieure à l’aptitude d’un clinicien à détecter des changements importants sur le plan clinique », explique-t-il.

Les travaux de M. Taati sur la façon dont l’intelligence artificielle analyse le comportement du corps ont attiré l’attention de Yana Yunusova, une chercheuse en orthophonie du TRI qui explorait déjà la capacité de cette technique pour surveiller la santé bucco-faciale (bouche et mâchoire) et la santé de la communication vocale chez les victimes d’AVC. L’équipe collabore sur un seul système pour combiner le suivi du corps et du visage en un outil d’évaluation qui pourrait suivre l’évolution de la maladie de Parkinson dans la vie quotidienne d’une personne.

« Cela renforcerait les moyens d’action du patient s’il pouvait faire ce suivi chaque jour pendant cinq minutes », ajoute M. Taati.

L’équipe a élaboré un projet pour créer un progiciel basé sur l’intelligence artificielle qui pourrait fonctionner sur des appareils électroniques portatifs comme des téléphones intelligents et des tablettes. Cette application utiliserait l’appareil photo intégré à ces appareils pour enregistrer les utilisateurs pendant qu’ils font une série de mouvements comme prononcer des mots clés ou exécuter une séquence. Ce sont des examens qu’un clinicien peut effectuer pendant les rendez-vous à son bureau. Cette application pratique les reproduit pour permettre aux gens de recueillir les mêmes renseignements plus souvent.

« Ces données aideront le neurologue à obtenir un portrait beaucoup plus complet de l’état du patient et de l’évolution de sa maladie », explique M. Taati. Les renseignements pourraient également être anonymisés et transmis à d’autres cliniciens ou chercheurs pour faire progresser le domaine dans son ensemble.

« C’est un bon outil pour évaluer l’efficacité de nouvelles options de traitement, qu’il s’agisse de produits pharmaceutiques, d’exercices ou de chirurgies. »

 

 

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