Révéler le lien entre la maladie de Parkinson et le trouble du comportement en sommeil paradoxal

Pendant les cycles de sommeil paradoxal (mouvement rapide des yeux), la plupart des gens sont efficacement paralysés et ne vivent pas physiquement leurs rêves. Un tiers des personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont toutefois atteintes d’un trouble du comportement en sommeil paradoxal qui élimine la paralysie pendant le sommeil et peut les amener à s’en prendre à leur partenaire ou à le blesser dans le lit. Ses recherches sont rendues possibles grâce au programme national de recherche de Parkinson Canada et financées en partenariat avec le Fonds de recherche du Québec – Santé pour 10 000 $ sur 2 ans.

« Ces personnes présentent des symptômes plus graves et une progression plus accentuée de la maladie , affirme Jessie De Roy, doctorante à l’Université du Québec à Montréal.  Elles présentent un risque plus élevé de démence, des problèmes moteurs plus graves et des symptômes plus graves, comme des problèmes de tension artérielle. »

D’autres personnes atteintes de ce trouble qui n’ont pas encore reçu un diagnostic de la maladie de Parkinson auront probablement cette maladie. C’est pourquoi trouver l’association entre ce trouble du sommeil et la maladie de Parkinson peut fournir des indices cruciaux pour le diagnostic et le traitement.

Mme De Roy utilise des scintigraphies cérébrales, des modèles statistiques et les résultats d’analyses en laboratoire du sommeil et d’examens psychologiques pour repérer les structures cérébrales et les voies cellulaires qui sont endommagées chez les personnes atteintes du trouble du sommeil. Elle compare les résultats des scintigraphies et d’autres tests chez trois groupes : personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui ont le trouble du sommeil, personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui n’ont pas le trouble du sommeil et personnes en santé qui n’ont pas reçu l’un ou l’autre diagnostic.

Mme De Roy analysera les données des trois groupes pour mettre au point un biomarqueur – un signe physiologique qui peut prédire quels parkinsoniens seront touchés par la démence.

Elle espère en définitive mieux comprendre le cerveau des personnes atteintes de ce trouble du sommeil pour paver la voie à de nouveaux traitements. Repérer tôt les personnes susceptibles d’avoir la démence pourrait également les aider à accéder à de nouveaux médicaments ou à d’autres traitements conçus pour prévenir l’apparition ou la progression de la maladie de Parkinson.

Mme De Roy a choisi d’étudier cette maladie parce qu’elle est déterminée à réduire la stigmatisation associée à la démence et à d’autres symptômes non moteurs de la maladie.

« La maladie de Parkinson est la deuxième maladie (neurodégénérative) la plus courante après la maladie d’Alzheimer, mais les gens ne savent pas grand-chose à son sujet , affirme-t-elle.  Les gens pensent que c’est seulement une maladie motrice, ce qui n’est pas le cas. »

Mme De Roy est également motivée par la lutte difficile de son grand‑père contre la maladie de Parkinson. Il a reçu un diagnostic trop tard pour que les médicaments lui soient vraiment utiles. C’est une autre raison qui l’incite à chercher un biomarqueur pour repérer les gens atteints plus tôt.

« Il y a tellement de choses à apprendre et à enseigner sur ce problème complexe », conclut-elle.

 

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