Prédiction des troubles cognitifs chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson

Alexandru Hanganu
Professeur adjoint
Université de Montréal

La démence et d’autres formes de déficience cognitive figurent parmi les symptômes les plus pénibles des dernières phases de la maladie de Parkinson. Actuellement, il est impossible de prédire qui souffrira de ces symptômes ou d’intervenir tôt si des traitements sont découverts.

À l’Université de Montréal, Alexandru Hanganu, professeur adjoint, met au point un algorithme pour prédire qui est à risque d’avoir ces problèmes cognitifs. Il utilise son expertise en neuroimagerie pour tracer le portrait des changements qui surviennent dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui souffrent également de dépression, d’anxiété, de troubles du sommeil ou de difficultés à contrôler les impulsions. Ce sont symptômes des symptômes neuropsychiatriques. La recherche de Hanganu est rendue possible grâce à une Bourse pour nouveaux chercheurs du Programme national de recherche de Parkinson Canada d’un montant de 88 432 $ sur deux ans.

M. Hanganu croit que les personnes qui présentent ces symptômes courent un risque d’avoir la maladie de Parkinson même si elles n’ont pas encore reçu le diagnostic de la maladie.

« Mon hypothèse est que les symptômes neuropsychiatriques peuvent être utilisés pour prédire l’évolution et l’apparition de la maladie de Parkinson, la première étape étant la prédiction de la performance cognitive », précise-t-il.

M. Hanganu utilisera l’imagerie par résonance magnétique pour examiner le cerveau de personnes ayant la maladie de Parkinson qui ont reçu un diagnostic de déficience cognitive légère et qui présentent également certains symptômes neuropsychiatriques. Il comparera les résultats obtenus aux examens de personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui n’ont pas de déficience cognitive, mais qui souffrent de dépression, d’anxiété ou d’autres symptômes neuropsychiatriques.

M. Hanganu donnera à chaque personne participant à son étude un traitement de stimulation magnétique transcrânienne, une technologie non invasive qui utilise un champ magnétique pour stimuler des zones du cerveau. Il mesurera les changements dans le cerveau après la stimulation pour voir comment le cerveau de ces personnes peut s’adapter aux changements.

M. Hanganu combinera ensuite ces données à celles provenant d’une vaste archive d’examens d’imagerie du cerveau accessible en ligne.

« Après avoir combiné les données, je pourrai créer un algorithme prédictif qui me permettra de préciser à chaque patient quel est son risque d’avoir la maladie de Parkinson ou une déficience cognitive – ou les deux – », ajoute-t-il.

Selon lui, le fait de disposer de ces renseignements sur le risque de déficience cognitive permettra aux gens de planifier leur avenir. Ils aideront également les médecins à décider du type de traitement approprié.

Par exemple, le fait de donner à une personne atteinte de dépression des doses plus élevées de lévodopa, le médicament actuellement prescrit pour contrôler les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson, pourrait aggraver ses problèmes cognitifs.

Si d’autres traitements sont mis au point pour stopper ou inverser la progression de troubles cognitifs, M. Hanganu espère également que son algorithme permettra aux gens d’accéder à ces traitements plus tôt.

Il a choisi une carrière en recherche sur la maladie de Parkinson parce qu’il le peut.

« Mes circuits cérébraux, mon environnement social et mes bactéries intestinales – ils ont l’énergie, la persévérance et la structure nécessaires pour investir tout ce temps dans cette étude », conclut-il.

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