Aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à conduire plus longtemps et de façon plus sécuritaire

Liliana Alvarez
professeure adjointe
Université Western

La cessation de la conduite constitue un coup majeur à l’autonomie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. À l’Université Western, les professeurs Liliana Alvarez et Jeffrey Holmes mettent à l’essai l’efficacité des systèmes d’avertissement des voitures qui émettent un signal sonore ou provoquent un clignotement des phares quand une voiture est dans l’angle mort du conducteur au moment où il change de voie.

S’ils confirment que cette technologie existante peut aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ou s’ils peuvent modifier les accessoires d’assistance au changement de voie pour les rendre plus efficaces, les recommandations contribueraient à ce que les gens continuent de conduire et restent autonomes plus longtemps.

La conduite automobile est essentielle au maintien de l’autonomie et de la santé des gens. Pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, y compris bon nombre de celles qui ont la forme précoce de la maladie, l’obligation de cesser de conduire a une incidence considérable sur leur qualité de vie.

« Ce n’est pas parce qu’une personne reçoit un diagnostic de maladie de Parkinson qu’elle devient inapte à conduire, assure Liliana Alvarez, professeure adjointe à l’Université Western. Les personnes atteintes d’une forme légère ou modérée de la maladie de Parkinson peuvent avoir des années de conduite sécuritaire devant elles. À mesure que la maladie évolue, des mesures de soutien adéquates doivent cependant être mises en place pour éviter qu’elles aient des problèmes à conduire. »

Liliana Alvarez et son équipe ont déjà déterminé que le changement de voie constitue une erreur critique lors des examens de conduite et une cause d’accidents pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, car cette tâche exige le traitement de plusieurs informations et une prise de décision rapide.

Ils utilisent maintenant un simulateur de conduite pour vérifier l’efficacité d’une technologie déjà offerte dans certains modèles et qui indique la présence d’une voiture dans l’angle mort du conducteur lors d’un changement de voie.

Ils veulent voir si les voyants clignotants ou les signaux d’avertissement utilisés par la technologie des angles morts aideront ou distrairont davantage les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Leur recherche est rendue possible grâce à une subvention de projet pilote d’un an 43 065 $ financée par le Garden Centre Group Co-op Corp (GCGCC) dans le cadre du programme de recherche de Parkinson Canada.

Les participants à ce projet pilote utiliseront le simulateur pour « conduire » dans un parcours conçu pour mettre à l’épreuve leur capacité à changer de voie à l’aide de cette nouvelle technologie.

Si la technologie et la formation sur la façon de l’utiliser aident les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, Liliana Alvarez formulera des recommandations afin que les médecins puissent fournir des outils concrets aux personnes pour les aider à rester autonomes et à continuer de conduire.

Lorsque Liliana Alvarez exerçait son métier d’ergothérapeute, elle ressentait une frustration à ne pas avoir davantage de stratégies pour aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à vivre de façon plus autonome. C’est pourquoi son projet de recherche vise à changer concrètement les choses.

« La conduite automobile est un déterminant clé de la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson et de leurs aidants. Les personnes atteintes se sentent toujours actives, car elles peuvent se déplacer et prendre des décisions sur la façon dont elles utiliseront leur temps », dit-elle.

Le nombre de personnes qui reçoivent un diagnostic de maladie de Parkinson allant en augmentant, Liliana Alvarez, dont l’un des membres de sa famille est aussi atteint de la maladie, estime que « nous n’en avons pas fait assez en matière d’intervention. »

Elle espère que leurs travaux auront une incidence concrète et qu’ils ouvriront la voie à un essai clinique plus vaste.

« Parkinson Canada crée vraiment un précédent en matière de financement de la recherche qui aidera les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à bien vivre dès aujourd’hui », affirme Liliana Alvarez.

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