Les neurones qui s’activent ensemble se connectent les uns aux autres

Cricia Rinchon, étudiante diplômée
Utilisant deux techniques pour stimuler électriquement des parties du cerveau, Cricia Rinchon tente de découvrir si, une fois stimulées, les cellules qui forment un réseau dans le cerveau travailleront de pair pour réparer les dégâts causés par la maladie de Parkinson

Lorsqu’elle était étudiante de premier cycle en neurosciences à l’Université Western, presque tous les cours de Cricia Rinchon abordaient la maladie de Parkinson à un moment ou à un autre. Elle savait qu’il s’agissait du deuxième problème neurologique le plus diagnostiqué, mais elle a aussi appris à quel point il était toujours nécessaire de mieux comprendre cette maladie. Ce sentiment de mystère persistant l’a incitée à placer la maladie de Parkinson au cœur de ses études supérieures, ce qui l’a amenée à progresser rapidement vers des études de doctorat à l’Université de Toronto.

Âgée de 22 ans, Rinchon travaille avec certains des plus éminents chercheurs du domaine, à l’Institut de recherche Krembil du Réseau universitaire de santé. Rinchon a reçu une bourse pour les étudiants diplômés de 30 000 $ pour deux ans, pour faire progresser son étude des neurones, de Porridge for Parkinson’s (Toronto) en l’honneur de Delphine Martin. Ses travaux s’appuient sur le succès de la stimulation cérébrale profonde (SCP), une technique qui traite les symptômes de la maladie de Parkinson à l’aide d’un générateur d’impulsions électriques que les chirurgiens implantent pour envoyer une stimulation vers les structures cérébrales profondes. Rinchon combine cette approche à une méthode complémentaire appelée stimulation magnétique transcrânienne (SMT) qui envoie des impulsions électriques provenant de l’extérieur du cerveau d’un patient. En combinant ces deux types de signaux, elle explore la possibilité qu’ensemble ils rétablissent l’équilibre du réseau de cellules cérébrales que la maladie de Parkinson endommage.

« Nous manipulons la façon dont les neurones communiquent entre eux, explique-t-elle. Vous entendrez souvent dire que les neurones qui s’activent ensemble se connectent les uns aux autres. »

Cette expression fait référence à la plasticité, le terme utilisé pour décrire la capacité remarquable du cerveau à réorganiser sa propre structure en réponse aux dommages subis. Tout comme les physiothérapeutes travaillent avec les patients victimes d’un AVC en vue de « reconnecter » les voies du cerveau touchées par l’AVC, Rinchon espère que la combinaison de la stimulation cérébrale profonde et de la stimulation magnétique transcrânienne contribuera à réparer les ravages faits par la maladie de Parkinson.

« Nous tentons de démontrer que cette technique a le potentiel de faire l’objet d’un essai clinique », dit-elle.

Cette recherche préliminaire implique le recrutement de personnes atteintes de la maladie de Parkinson, qui ont fourni à Rinchon des renseignements personnels sur cette maladie. Elles enrichissent son parcours de recherche.

« Nous aimons les traiter en invités d’honneur, fait-elle valoir. Ces personnes font face à tellement de problèmes tous les jours que ce doit être extrêmement frustrant. Cependant, elles semblent toujours pleines d’entrain et d’optimisme lorsqu’il s’agit de participer à des projets de recherche. C’est tout à fait rafraîchissant. »

Le fait de travailler directement avec des personnes atteintes de la maladie, plutôt qu’en laboratoire seulement, alimente l’ardeur de Rinchon.

« Ici, chaque jour de collecte de données me rappelle pourquoi ce projet de recherche est important. »

Pour de plus amples renseignements sur le programme de recherche sur le Parkinson, visitez  https://www.parkinson.ca/fr/research-fr/2016-2018-projets-de-recherche/

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