Nouveau modèle cellulaire pour la maladie de Parkinson

Jusqu’à maintenant, la plupart des chercheurs qui étudient la maladie de Parkinson utilisent des modèles animaux ou dérivés de cellules souches pour trouver la cause de cette maladie neurodégénérative et des façons de la traiter ou de la prévenir.

Aucune de ces méthodes, toutefois, ne permet d’étudier avec exactitude l’âge comme facteur de risque de la maladie de Parkinson. C’est pourquoi la professeure Janelle Drouin‑Ouellet, neurobiologiste à l’Université de Montréal, a contribué à mettre au point une nouvelle technique qui convertit des cellules de la peau en cellules du cerveau. La technique est appelée reprogrammation neuronale directe et ses recherches sont rendues possibles grâce à une Bourse financée par John McEown pour nouveaux chercheurs du Programme national de recherche de Parkinson Canada, d’une valeur de 90 000 $ sur deux ans.

« Ce qui est très important à propos de cette technique, c’est que les cellules du cerveau conservées dans une plaque [de Petri] gardent la signature de l’âge des cellules de la peau. Ainsi, si le donneur a 80 ans, les cellules du cerveau dans la plaque auront 80 ans », explique Mme Drouin-Ouellet.

Le fait d’avoir une variété de cellules cérébrales « âgées » lui permettra d’étudier l’âge auquel les systèmes de survie dans les cellules cérébrales commencent à décliner et les raisons pour lesquelles les mitochondries (organelles responsables de la respiration dans les cellules) fonctionnent mal et causent la mort des cellules cérébrales dopaminergiques.

« Il n’y a pas de modèle de laboratoire qui permet d’étudier le vieillissement dans la maladie de Parkinson. C’est ma contribution », précise-t-elle.

Elle exposera à différentes causes potentielles de la maladie 20 lignées différentes de cellules dopaminergiques, la substance chimique en cause dans la maladie de Parkinson. Par exemple, elle exposera certaines cellules à un pesticide associé à la maladie de Parkinson et d’autres à une protéine appelée alpha‑synucléine, qui cause la mort de cellules cérébrales lorsqu’elle s’accumule en trop grande quantité.

Mme Drouin‑Ouellet comparera la réaction à ces facteurs de stress des mitochondries de cellules dopaminergiques de donneurs atteints de la maladie de Parkinson à celle des mitochondries de cellules dopaminergiques de donneurs en santé.

En examinant la façon dont les cellules réagissent, elle espère identifier des sous-groupes de la maladie de Parkinson ayant des causes différentes. Certaines personnes pourraient avoir un trouble mitochondrial ; d’autres pourraient avoir une accumulation de protéines plus importante, et cela pourrait se produire à un âge plus avancé que le dysfonctionnement mitochondrial.

Elle croit que l’identification des causes pourrait permettre de personnaliser la médecine. Les parkinsoniens dont la maladie est causée par le processus cellulaire X pourraient recevoir un médicament ou un traitement différent de ceux dont la maladie est causée par le processus cellulaire Y.

« La qualité du traitement sera meilleure si nous pouvons l’adapter à un sous-type particulier de la maladie », affirme Mme Drouin‑Ouellet.

Elle a passé cinq ans à améliorer cette technique de conversion cellulaire parce qu’elle croit que la biologie synthétique « représente l’avenir ». Elle aime relever un défi et sait depuis l’âge de 16 ans qu’elle veut être chercheuse dans le domaine médical.

Aujourd’hui, elle a aussi une autre motivation importante : sa grand‑mère, Ghislaine Bouchard, a récemment reçu un diagnostic de maladie de Parkinson.

 

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