Un peu d’exercice procure des avantages certains

Philip Millar,
professeur adjoint
Université de Guelph

Bien que l’exercice physique régulier soit bénéfique pour tout le monde, c’est encore plus vrai pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. L’activité physique régulière peut améliorer la rigidité, les tremblements et les problèmes d’équilibre des personnes atteintes de cette maladie dégénérative, ainsi que leur qualité de vie globale.

Il est actuellement recommandé de faire 150 minutes ou plus d’activité aérobie par semaine. C’est un régime difficile à suivre. À l’Université de Guelph, Philip Millar, professeur adjoint et physiologiste cardiovasculaire, examine quels sont les avantages des périodes d’exercice de haute intensité, mais plus courtes, pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Son projet est rendu possible grâce à une Bourse pour projet pilote du Program de recherche de Parkinson Canada de  49 385 $ sur un an.

Millar et son équipe mesurent l’amélioration de la tension artérielle, des symptômes moteurs, de la capacité d’exercice et de l’équilibre chez deux groupes de personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Les membres de l’un d’eux effectuent des exercices à une vitesse modérée sur des bicyclettes stationnaires pendant 40 à 60 minutes à la fois. Les autres pédalent frénétiquement à des intervalles d’une minute suivis de repos à basse intensité pendant une séance d’entraînement de 20 minutes. Cette séance d’entraînement de courte durée exige 90 % de la capacité maximale des participants durant ces intervalles à forte intensité.

« En fin de compte, les gens font leur exercice complet en moins de temps », lance Millar.

Il a déjà été démontré que l’exercice à haute intensité est bénéfique pour les personnes ayant des problèmes cardiovasculaires. Millar est d’avis que les personnes atteintes de la maladie de Parkinson tireront les mêmes avantages ou même plus des séances d’entraînement à haute intensité et qu’elles n’abandonneront peut-être pas.

« Nous savons que bon nombre des avantages dépendent de l’intensité de l’exercice », explique-t-il.

En général, la capacité d’exercice d’une personne est l’un des indicateurs de mortalité les plus fiables, selon Millar. L’exercice peut améliorer la stabilité, l’équilibre et la force musculaire des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Il peut aussi réduire leurs symptômes moteurs.

Dans le cadre d’un essai pilote antérieur mené par Millar, le groupe de personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui faisait un exercice à haute intensité a affiché des améliorations identiques ou supérieures à celles du groupe ayant des séances à intensité modérée. Les participants de ce groupe ont également pris davantage de plaisir à leur entraînement à haute intensité.

Dans cette étude plus vaste, Millar et son équipe évalueront non seulement les symptômes moteurs, mais aussi la force musculaire et les améliorations du système cardiovasculaire et de la santé mentale.

Il espère que les personnes ayant moins de fatigue musculaire et de tremblements seront plus autonomes et accompliront plus d’activités de la vie quotidienne, ce qui améliorera leur qualité de vie.

L’un des partenaires de Millar dans ses travaux est le YMCA de Guelph. Si la recherche réussit à démontrer les avantages d’un entraînement de haute intensité pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, Millar espère que le réseau national des YMCA mettra en œuvre un programme intégrant les résultats et que ses recommandations seront également intégrées aux lignes directrices en matière d’exercice pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

« Selon notre hypothèse, si nous réussissons à amener les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à faire de l’exercice à une intensité plus élevée, même pendant une période plus courte, elles pourraient en tirer des avantages encore plus importants. Nous savons que bon nombre des avantages dépendent de l’intensité de l’exercice », dit Millar.

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