Une nouvelle recherche ouvre la voie à de nouvelles possibilités de traitement de la maladie de Parkinson à début précoce

Dr. Michael Schlossmacher led a study that made a parkin gene discovery
Le neurologue Dr Michael Schlossmacher a dirigé une étude qui a permis de découvrir le gène parkin, ouvrant ainsi la voie à d’éventuels futurs traitements pour la forme de la maladie de Parkinson précoce.

Plus de 20 ans après la découverte du gène Parkin, associé à la maladie de Parkinson à début précoce, des chercheurs de l’Hôpital d’Ottawa et de l’Université d’Ottawa pourraient avoir compris le rôle de ce gène dans la protection du cerveau.

L’étude a été menée par l’équipe Schlossmacher de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa. Le Dr Michael Schlossmacher, neurologue, directeur des neurosciences, titulaire de la Chaire de recherche de la famille Bhargava sur la neurodégénérescence à l’Hôpital d’Ottawa et son équipe travaillent sur cette protéine depuis plus de 10 ans, et les résultats ont récemment été publiés dans la revue à comité de lecture Acta Neuropathologica.

Les recherches menées par l’équipe sur des échantillons de cerveaux humains et murins ainsi que des cellules modifiées ont montré que la protéine Parkin fonctionne de deux façons. D’une part, elle agit comme un puissant antioxydant capable de neutraliser des oxydes du cerveau potentiellement nocifs, y compris les radicaux libres issus du métabolisme de la dopamine. D’autre part, à mesure que le cerveau vieillit et que ces radicaux libres s’accumulent, la Parkin isole ces molécules nocives dans une zone d’entreposage spéciale des cellules nerveuses vulnérables afin que ces dernières puissent continuer de fonctionner normalement tout au long de notre vie.

L’équipe du Dr Schlossmacher comprend (de gauche à droite) Jacqueline Tokarew, Bojan Shutinoski, Julianna Tomlinson, Angela Nguyen, Michael Schlossmacher, Daniel El-Kodsi et Nathalie Lengacher. Sont absents de cette photo les indispensables collaborateurs Travis Fehr, Qiubo Jiang et Juan Li.

Les chercheurs savaient que cette protéine nous protégeait, mais ils ont constaté un lien étroit avec les sujets jeunes qui développent un certain type de maladie de Parkinson. Chez les personnes dont les deux copies du gène Parkin présentent des mutations, ces effets protecteurs sont absents, ce qui entraîne l’apparition de la maladie de Parkinson avant 40 ans. Les personnes qui développent des symptômes pour cette raison spécifique (environ 3 à 4 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson) voient leur maladie se manifester différemment. En général, il s’agit d’une forme à évolution lente qui se traduit par des symptômes moteurs plutôt que non moteurs comme les autres personnes atteintes de la maladie de Parkinson. En somme, elle ressemble à une maladie de Parkinson typique, mais implique une perte de dopamine uniquement, ce qui est différent des autres formes de la maladie.

Si les chercheurs pensent depuis longtemps que la Parkin joue un rôle neuroprotecteur dans le cerveau, le mécanisme exact n’était pas connu. Beaucoup pensaient que le rôle de la Parkin, dans le cadre de la maladie de Parkinson, était d’éliminer les mitochondries endommagées de la cellule. Les nouveaux travaux de l’équipe du Dr Schlossmacher suggèrent que c’est en fait la fonction antioxydante de la protéine Parkin qui est essentielle à la survie des neurones dopaminergiques.

S’ils sont confirmés, ces résultats pourraient ouvrir la voie à la mise au point de nouveaux traitements capables d’administrer des antioxydants. « Si nous pouvions administrer des antioxydants ou une copie saine du gène Parkin dans le cerveau des personnes présentant ces mutations, nous pourrions contribuer à ralentir, voire stopper l’apparition précoce de la maladie », a déclaré le Dr Julianna Tomlinson, coauteure et chef de projet scientifique.

«Ce que nous ne savons pas encore, c’est si une telle approche pourrait également bénéficier aux personnes atteintes d’une forme avancée de la maladie non associée au gène Parkin», a ajouté le Dr Schlossmacher, auteur co-correspondant. «Nous sommes impatients d’étudier cette possibilité». Il note également que la stratification ou le sous-typage de la maladie de Parkinson est une priorité absolue – et un défi – pour les personnes qui tentent de comprendre et de soigner la maladie. Plus nous aurons de connaissances sur les différentes causes de la maladie de Parkinson et, potentiellement, sur les différents types de la maladie, plus les chercheurs pourront mettre au point des traitements personnalisés. En outre, ces distinctions peuvent également être utilisées pour mettre au point de meilleurs essais de médicaments.

Par exemple, les antioxydants sont depuis longtemps soupçonnés de jouer un rôle protecteur dans la maladie de Parkinson, mais les études n’ont pas encore pu prouver le lien entre leur utilisation et une amélioration des résultats. Les personnes porteuses de cette mutation spécifique pourraient être de bons candidats pour une prochaine étude sur la viabilité des antioxydants chez les malades présentant ce sous-type. Les Drs Schlossmacher, Tomlinson et John Pezacki du département de chimie de l’Université d’Ottawa ont récemment obtenu une nouvelle subvention pour projet des Instituts de recherche en santé du Canada pour poursuivre ces travaux.

Le Réseau Parkinson Canadien Ouvert (RPCO)

L’un des principaux obstacles à la réalisation d’études sur un sous-type particulier de la maladie de Parkinson est toutefois la nécessité de disposer d’un très grand nombre de participants pour en premier lieu repérer ce sous-type. L’un des objectifs du Réseau Parkinson Canadien Ouvert (RPCO) est de constituer un vaste registre national de personnes souhaitant s’impliquer dans la recherche sur la maladie de Parkinson afin de faciliter ce type d’études de stratification. Le RPCO recueille différents types d’informations (données cliniques, génétiques, sur votre mode de vie, etc.) sur ses participants afin de pouvoir déterminer des sous-types spécifiques de la maladie de Parkinson et de les utiliser à l’appui d’analyses plus poussées pour mieux comprendre la maladie. Nous espérons que la centralisation des informations à travers le Canada permettra de personnaliser les traitements et, à terme, de trouver un remède.

C’est pourquoi le Dr Schlossmacher et ses pairs (notamment le Dr David Grimes) de huit instituts de recherche de premier plan au Canada se sont réunis pour devenir les premiers sites du Réseau Parkinson Canadien Ouvert. Pour faire des découvertes significatives, ils ont besoin de votre aide. Le RPCO est une véritable collaboration entre les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et la communauté des chercheurs : votre participation est essentielle pour aider le Réseau Parkinson Canadien Ouvert à atteindre ses objectifs. Le site d’Ottawa est l’un des nombreux sites qui recrutent activement des participants.

En savoir plus et vous inscrire dès aujourd’hui

Comments

comments

Leave a comment